...J'ai vu décroître le jour. La Seine montera, en fin de semaine. Les médias promettent la pluie. Mais que ne promettent-ils pas...Pour le moment, le soleil fend encore les nuages filandreux et allongés. L'air est doux. Sur un banc de pierre, à quelques centimètres de l'eau.
Les petites vagues caressent la pierre, dépassent par instant la bordure, touchent alors le bout de ma semelle et se sauvent comme un jeune chat joue, touche de sa patte, craint et se cache pour mieux recommencer la seconde suivante.L'index en guise de marque-page, Soline tient dans sa main le onzième volume de Bleach. Elle ne lit pas. Légèrement penchée en avant, elle scrute la végétation rebelle et microscopique qui s'impose entre pierre et béton, sous ses pieds. Casey déverse ses mots dans les écouteurs de son walk-man à k7 bancal. Soline dodeline imperceptiblement de la tête suivant le rythme.
Le beat. La voix.
Le flow.Ce matin, en rentrant du taf, vannée, KO, j'captais pas tout, marchais au radar. Mais le hall de mon bâtiment était taché de sang. Une flaque impressionnante au milieu d'éclats de bouteilles. De grosses gouttes rouges étoilaient chaque marche, en montant les escaliers, des traces sur les murs. Et ça, je l'ai bien capté.Soline aspire l'air rafraîchi au dessus du fleuve. Elle tend le bras et touche l'eau du bout des doigts. Dessine des zigzags mouillés sur le banc, qui s'effacent aussitôt. Elle relève la tête. Relève les cils vers les nuages gris clair. Ils fondent, fusionnent, s'échappent...
Le son net de pas tape sur les marches qui descendent au quai, derrière elle, sur la droite. Cadencé, le son se rapproche.
Michaël enjambe le banc pour s'y asseoir.
Toi aussi tu savais que c'était lui...? Evidement...
Les cygnes s'endorment au bord des quais. Les passants se font plus rares. Plus engoncés. Plus pressés.
Leur discussion s'allonge dans le soir pâli. Leurs voix se coupent et se reprennent, s'entremêlent, se contredisent, se superposent. Des instants graves succèdent aux rires. Sous les arabesques aqueuses de leurs joints, l'amertume s'éloigne dans les froufrous de ses robes de fumée. Michaël se penche par-dessus les cuisses de Soline, attrape un caillou qu'il jette loin, dans l'eau.
Flop. Sous la lune levée, des cercles blancs s'ouvrent et meurent sur la soie noire. Son parfum, sa présence, si proches, la saisissent. La déstabilisent. Leurs lèvres se frôlent. Innocence sensuelle. Amitié en débordement...
Salut Lili, Bienvenue ici !
La politique du renouvellement perpet...
Hello
Merci. - Je suis tombée sur ton blog...
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